Comment se faire indemniser après un accident

Droit du préjudice corporel

 

Comment se faire indemniser après un accident ?


Un accident bouleverse une vie en quelques secondes. Aux douleurs physiques s'ajoutent très vite des questions matérielles angoissantes : qui va payer les soins ? Comment compenser les revenus perdus ? Quelle prise en charge espérer de son assurance ? En 2024, l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière a recensé près de 236 000 personnes blessées sur les routes de France métropolitaine, dont 16 000 gravement. Derrière chacun de ces chiffres, une victime découvre une procédure d'indemnisation qu'elle ne connaissait pas la veille.
La bonne nouvelle, c'est que le droit français protège fortement la victime d'un accident corporel, qu'il s'agisse d'un accident de la route, d'un accident de la vie courante ou d'un accident du travail. La loi impose des délais stricts à la compagnie d'assurance, encadre le contenu de son offre d'indemnisation et sanctionne ses retards. Encore faut-il connaître ces règles pour les faire jouer face à un assureur qui, lui, les maîtrise parfaitement.
Ce guide détaille, étape par étape, comment obtenir une indemnisation après un accident : votre droit à une indemnisation selon votre situation, les démarches à accomplir, les documents pour l'indemnisation à réunir, la méthode de calcul de l'indemnisation, les conséquences de vos séquelles sur le montant obtenu, et les recours possibles si la proposition d'indemnisation vous paraît insuffisante. Il indique aussi à quel moment il devient utile de consulter un avocat exerçant en droit du dommage corporel.

Ai-je droit à une indemnisation après un accident ?

C'est la première question que se pose toute victime d'un accident. La réponse dépend de la nature de l'événement, de votre statut au moment des faits et, dans certains cas, de votre propre comportement.

La loi Badinter : un régime protecteur pour les accidents de la route

Pour les accidents de la circulation, le texte de référence est la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, qui vise expressément l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et l'accélération des procédures d'indemnisation. Son mécanisme est simple mais puissant : dès lors qu'un véhicule terrestre à moteur est impliqué dans l'accident, la victime bénéficie d'un droit à indemnisation, sans avoir à démontrer une faute du conducteur.
Le mot « impliqué » mérite attention. Il ne signifie pas « responsable de l'accident ». Un véhicule stationné de façon gênante sur la voie publique, un véhicule qui provoque une manœuvre d'évitement sans qu'il y ait contact, une voiture prise dans une collision en chaîne sur une route départementale : tous sont impliqués au sens de la loi. Autre exemple fréquent : le passager d'un bus blessé lors d'un freinage brutal est lui aussi couvert par ce régime. Cette notion large, constamment étendue par la jurisprudence de la Cour de cassation, explique pourquoi tant de victimes qui se croyaient sans recours sont en réalité indemnisables.

Piéton, cycliste, passager : des victimes très protégées

L'article 3 de la loi de 1985 pose une règle décisive. Les victimes autres que les conducteurs — piétons, cyclistes, passagers — sont indemnisées des dommages résultant des atteintes à leur personne sans que puisse leur être opposée leur propre faute, à l'exception de la faute inexcusable si elle a été la cause exclusive de l'accident. Autrement dit, un piéton qui traverse hors des clous conserve son droit à indemnisation.
Le même article va plus loin pour les personnes les plus fragiles. Les victimes non conductrices âgées de moins de seize ans ou de plus de soixante-dix ans, ainsi que celles qui détiennent au moment de l'accident un titre reconnaissant un taux d'incapacité permanente ou d'invalidité d'au moins 80 %, sont indemnisées dans tous les cas des atteintes à leur personne. La seule limite tient à la recherche volontaire du dommage

Le cas particulier du conducteur

Le conducteur d'un véhicule terrestre à moteur est traité différemment. L'article 4 de la loi Badinter prévoit que sa faute a pour effet de limiter ou d'exclure l'indemnisation des dommages qu'il a subis. Un excès de vitesse, un refus de priorité, une conduite sous l'emprise de l'alcool peuvent ainsi réduire la réparation, voire la supprimer, en cas de responsabilité partagée ou totale.
Cela ne veut pas dire qu'un conducteur fautif reste sans solution. Beaucoup de contrats d'assurance automobile comportent une garantie conducteur — parfois appelée garantie corporelle du conducteur — qui prend en charge son propre dommage corporel indépendamment de sa responsabilité. Vérifier l'existence et le plafond de cette garantie dans votre contrat d'assurance est l'un des tout premiers réflexes à avoir. À l'inverse, un accident non responsable ouvre droit à une réparation intégrale par l'assureur du tiers.

Quand le responsable est inconnu ou non assuré

Délit de fuite, auteur insolvable, véhicule non assuré : ces situations ne condamnent pas la victime. Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) intervient précisément dans ces hypothèses. L'article L. 421-1 du code des assurances prévoit qu'il indemnise les dommages résultant d'atteintes à la personne lorsque le responsable est inconnu ou n'est pas assuré. Le fonds couvre également les accidents causés dans les lieux ouverts à la circulation publique par une personne circulant sur le sol ou par un animal.

Les étapes de l'indemnisation : que faire concrètement ?

Les démarches après un accident suivent une séquence assez constante. La connaître permet d'anticiper au lieu de subir.

1. Sécuriser les preuves sur les lieux

Le constat amiable reste la pièce maîtresse pour un accident entre véhicules. Renseignez-le avec précision, faites-le signer, ne validez jamais une version des faits que vous contestez. Photographiez les positions, les dégâts, la signalisation, l'état de la chaussée. Relevez les coordonnées des témoins : leur déclaration pèse lourd lorsque les circonstances sont discutées.
En cas de blessure, les forces de l'ordre établissent un procès-verbal. Vous pouvez en obtenir copie : l'article L. 211-10 du code des assurances oblige l'assureur, dès sa première correspondance, à informer la victime qu'elle peut obtenir de sa part, sur simple demande, la copie du procès-verbal d'enquête de police ou de gendarmerie.

2. Faire constater les blessures et déposer plainte si nécessaire

Consultez un médecin même si vous vous sentez « à peu près bien ». Un certificat médical initial descriptif, établi rapidement, fixe l'état de santé de départ. Sans lui, l'assureur contestera plus tard le lien entre l'accident et certaines lésions. Les traumatismes cervicaux et les troubles psychiques apparaissent souvent avec plusieurs jours de décalage.
Lorsque l'accident résulte d'une infraction — conduite en état d'ivresse, délit de fuite, blessures involontaires, agression —, le dépôt de plainte est vivement conseillé. Déposer plainte déclenche une enquête, sécurise la preuve des circonstances et conditionne l'accès à certains dispositifs de réparation. Une plainte peut être déposée dans n'importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie, ou adressée directement au procureur de la République

3. Déclarer le sinistre à son assurance

La déclaration de sinistre doit être adressée à votre assureur dans le délai prévu au contrat, généralement cinq jours ouvrés pour un accident matériel. Décrivez les faits sans les interpréter, joignez le constat et le certificat médical initial. C'est cette déclaration qui ouvre officiellement le dossier d'indemnisation.

4. L'expertise médicale : l'étape déterminante

L'assureur mandate un médecin expert pour évaluer les séquelles. C'est le moment où se joue l'essentiel du montant final : le rapport d'expertise chiffre chaque poste de préjudice, et l'offre en découlera presque mécaniquement.
Ne vous rendez jamais seul à cet examen. L'article L. 211-10 du code des assurances impose d'ailleurs à l'assureur de rappeler à la victime qu'elle peut, à son libre choix, se faire assister d'un avocat et, en cas d'examen médical, d'un médecin. Un médecin-conseil de victimes, indépendant de la compagnie, discute les cotations poste par poste et fait valoir les doléances qui, seules, ne seraient pas retenues. Préparez cet examen : chronologie des soins, journal des douleurs, description précise des gestes du quotidien devenus difficiles

5. La consolidation

La consolidation est la date à laquelle votre état de santé se stabilise : les lésions n'évoluent plus favorablement, même si des séquelles subsistent. Elle marque la frontière entre les préjudices temporaires et les préjudices permanents. Tant qu'elle n'est pas acquise, aucune évaluation définitive n'est possible, et il serait imprudent d'accepter un règlement.
Documentez cette période. Notez au fil des semaines les conséquences concrètes de vos séquelles sur la vie quotidienne : gestes devenus impossibles, loisirs abandonnés, aide reçue de vos proches, retentissement moral. Ces éléments, difficiles à reconstituer après coup, servent de base à l'évaluation de plusieurs postes de préjudice.

Les délais que l'assureur doit respecter

C'est l'un des grands apports de la loi Badinter et le levier le plus utile pour la victime.
L'article L. 211-9 du code des assurances fixe des délais précis. Lorsque la responsabilité n'est pas contestée et que le dommage a été entièrement quantifié, l'assureur qui garantit la responsabilité civile du fait d'un véhicule terrestre à moteur doit présenter une offre d'indemnité motivée dans les trois mois de la demande d'indemnisation. Si la responsabilité est rejetée, n'est pas clairement établie, ou si le dommage n'est pas entièrement quantifié, il doit fournir dans le même délai une réponse motivée.
Pour les atteintes à la personne, le texte impose une offre dans un délai maximum de huit mois à compter de l'accident. En cas de décès, l'offre est faite aux héritiers et, s'il y a lieu, au conjoint. Cette offre peut être provisionnelle si l'assureur n'a pas été informé de la consolidation dans les trois mois de l'accident ; l'offre définitive doit alors intervenir dans les cinq mois suivant la date à laquelle il a été informé de cette consolidation. La loi précise que le délai le plus favorable à la victime s'applique.
Le non-respect de ces délais coûte cher à la compagnie. Selon l'article L. 211-13, lorsque l'offre n'a pas été faite dans les délais impartis, le montant de l'indemnité produit intérêt de plein droit au double du taux de l'intérêt légal, à compter de l'expiration du délai et jusqu'au jour de l'offre ou du jugement devenu définitif. Le juge peut réduire cette pénalité en cas de circonstances non imputables à l'assureur.

Quels documents fournir pour l'indemnisation ?

Un dossier d'indemnisation solide repose sur des pièces justificatives complètes. Voici les documents habituellement attendus :
•    le constat amiable ou le procès-verbal des forces de l'ordre ;
•    le certificat médical initial et l'ensemble du dossier médical : comptes rendus d'hospitalisation, d'imagerie, de rééducation ;
•    les arrêts de travail et les attestations de l'employeur ;
•    les bulletins de salaire des douze mois précédant l'accident et les avis d'imposition, pour établir la perte de gains ;
•    les factures et frais restés à charge : franchises, dépassements d'honoraires, transports, aides techniques, aménagement du logement ou du véhicule ;
•    les décomptes des organismes sociaux et de la mutuelle ;
•    les attestations de proches décrivant l'aide apportée au quotidien ;
•    le rapport d'expertise médicale ;
•    votre contrat d'assurance, pour identifier les garanties souscrites.
Conservez systématiquement l'original et transmettez des copies. Tenez un tableau récapitulatif des frais médicaux et des dépenses engagées : les frais oubliés ne sont jamais indemnisés rétroactivement. Pour toute information administrative complémentaire, le site service-public.fr recense les démarches applicables selon le type d'accident.

Quel est le montant de l'indemnisation ?

Aucune réponse chiffrée générale n'est sérieuse : le montant des indemnisations dépend de la gravité des séquelles, de l'âge, de la situation professionnelle et familiale de la victime. En revanche, la méthode de calcul, elle, est parfaitement identifiable.

La nomenclature Dintilhac, grille de référence

L'évaluation s'organise autour de la nomenclature Dintilhac, issue du rapport du groupe de travail présidé par Jean-Pierre Dintilhac, alors président de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation, remis au garde des Sceaux le 28 octobre 2005. Ce document n'a pas de valeur législative, mais il s'est imposé par l'usage auprès des juridictions, des assureurs et des médecins experts.
Il distingue les préjudices patrimoniaux, qui ont une traduction financière directe, des préjudices extrapatrimoniaux, qui réparent l'atteinte à la personne

  • Préjudices patrimoniaux : dépenses de santé actuelles et futures, frais divers, perte de gains professionnels actuels et futurs, incidence professionnelle, assistance par tierce personne, frais de logement et de véhicule adaptés.
  • Préjudices extrapatrimoniaux : déficit fonctionnel temporaire (la gêne dans les actes de la vie courante avant consolidation), souffrances endurées ou pretium doloris, préjudice esthétique temporaire et permanent, déficit fonctionnel permanent (le taux d'atteinte à l'intégrité physique et psychique, ou AIPP), préjudice d'agrément, préjudice sexuel, préjudice d'établissement.

Les proches ne sont pas oubliés : les victimes par ricochet bénéficient d'un droit propre et peuvent obtenir réparation de leur préjudice moral d'affection ainsi que de leurs pertes de revenus, notamment. En cas de décès, s'y ajoutent les frais d'obsèques et le préjudice économique du conjoint et des enfants.

Barèmes et méthode de calcul

Le calcul de l'indemnisation combine plusieurs outils. Les postes strictement économiques se justifient sur pièces. Les postes extrapatrimoniaux sont d'abord cotés par le médecin expert. Par exemple, les souffrances endurées et le préjudice esthétique sur une échelle de 1 à 7, le déficit fonctionnel permanent en pourcentage, puis convertis en euros à l'aide d'un barème d'indemnisation.
Les référentiels, notamment le référentiel intercours, n'ont aucune force obligatoire : le juge apprécie souverainement. C'est précisément là que l'écart se creuse entre une victime assistée et une victime isolée. Deux dossiers médicalement identiques peuvent aboutir à des montants très différents selon la qualité de l'argumentation et le choix des rentes ou barèmes de capitalisation retenus.

La provision, pour ne pas attendre

Lorsque la consolidation tarde, la victime peut solliciter une provision, c'est-à-dire une avance sur l'indemnisation définitive. Elle se demande à l'amiable auprès de l'assureur ou, en cas de refus, au juge des référés. Ce mécanisme est essentiel pour financer les soins, les aménagements ou compenser une perte de revenus dans l'attente du règlement final.

Comment contester une offre d'indemnisation ?

Recevoir une proposition d'indemnisation ne vous oblige à rien. Beaucoup de premières offres sont inférieures à la juste réparation, souvent parce que certains postes ont été minorés ou purement oubliés.

  • Ne signez pas immédiatement. Prenez le temps de comparer, poste par poste, l'offre reçue et le rapport d'expertise. Un poste absent de l'offre est un poste que vous n'obtiendrez plus après signature.
  • Faites jouer le droit de dénonciation. L'article L. 211-16 du code des assurances autorise la victime à dénoncer la transaction dans les quinze jours de sa conclusion, par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique avec demande d'avis de réception. Toute clause par laquelle la victime abandonnerait ce droit est nulle, et cette faculté doit être reproduite en caractères très apparents dans l'offre et dans la transaction, à peine de nullité relative.
  • Formalisez votre contestation. Adressez à l'assureur une lettre recommandée motivée, poste par poste, avec les justificatifs correspondants. Demandez, si nécessaire, une contre-expertise ou une expertise médicale contradictoire, voire une expertise judiciaire ordonnée par le juge.
  • Envisagez le recours contre l'assureur. À défaut d'accord, le tribunal judiciaire tranche. Le procès n'est pas un échec, c'est un moyen normal d'obtenir une réparation intégrale lorsque la voie amiable a montré ses limites. L'action doit être engagée en tenant compte de la prescription prévue à l'article 2226 du code civil : l'action en responsabilité née d'un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la consolidation du dommage initial ou aggravé, ce délai étant porté à vingt ans en cas de préjudice causé par des tortures ou actes de barbarie, ou par des violences ou agressions sexuelles commises contre un mineur.

Comment se faire indemniser en cas d'accident de la vie ?

Tous les accidents ne surviennent pas sur la route. Chute dans un escalier, brûlure domestique, accident de bricolage, de sport ou de loisir : lorsqu'aucun tiers n'est responsable, aucun assureur adverse n'a vocation à intervenir.
C'est le rôle de la garantie accidents de la vie (GAV), un contrat facultatif souscrit auprès d'une compagnie d'assurance et qui couvre les atteintes corporelles de l'assuré et parfois de sa famille. L'indemnisation accident de la vie obéit alors aux stipulations du contrat, et non au droit commun de la responsabilité. Sa portée varie fortement d'un contrat à l'autre. Deux points méritent une lecture attentive : le seuil d'intervention, exprimé en taux de déficit fonctionnel permanent (souvent 5 %, 10 % ou 30 %), en dessous duquel rien n'est versé ; et le mode d'évaluation retenu, certains contrats appliquant un barème contractuel moins favorable que le droit commun.
D'autres régimes existent selon la cause du dommage. Un accident du travail relève de la législation professionnelle et de la sécurité sociale, avec des règles propres. Un accident médical peut ouvrir la voie à une saisine de la commission de conciliation et d'indemnisation ou à une intervention de l'ONIAM. Une agression relève de la commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI), avec un délai strict : l'article 706-5 du code de procédure pénale impose, à peine de forclusion, une demande dans les trois ans de l'infraction, ce délai étant prorogé d'un an après la décision définitive lorsque des poursuites pénales sont exercées.

Pourquoi se faire accompagner par un avocat en droit du dommage corporel ?

Face à un assureur qui traite des milliers de dossiers par an, la victime est structurellement en position d'infériorité. Elle découvre une procédure technique, dans un moment où sa santé et sa situation professionnelle sont fragilisées.
L'avocat intervenant en droit du dommage corporel remplit trois fonctions concrètes. Il prépare l'expertise médicale, en constituant le dossier de doléances et en coordonnant l'intervention d'un médecin-conseil de victimes. Il chiffre chaque poste de la nomenclature en s'appuyant sur les décisions rendues dans des situations comparables. Il négocie ou porte le litige devant le tribunal, en obtenant si nécessaire des provisions pour couvrir les besoins immédiats.
Une précision utile : la protection juridique incluse dans de nombreux contrats d'assurance habitation ou automobile prend en charge tout ou partie des honoraires, et vous conservez le libre choix de votre conseil. Vérifiez-le avant de renoncer à vous faire assister.
À quel moment consulter un avocat ? Le plus tôt possible, et en tout état de cause avant l'expertise médicale et avant toute signature. Un dossier repris après une transaction est un dossier dont la marge de manœuvre a largement disparu.
Le cabinet Geray Avocats consacre son activité à l'indemnisation des victimes d'accident et de préjudice corporel. Si vous avez besoin d'un premier avis sur votre situation ou sur une proposition d'indemnisation reçue, vous pouvez nous contacter depuis la page contact du site : un dossier examiné tôt se défend toujours mieux qu'un dossier repris trop tard.

FAQ : vos questions sur l'indemnisation après un accident

1. Combien de temps dure une procédure d'indemnisation ?
Pour un dommage léger consolidé rapidement, quelques mois suffisent. Pour des blessures graves, il faut souvent deux à quatre ans, voire plus en fonction des séquelles et de l’âge de la victime, car l'indemnisation définitive ne peut être calculée qu'après consolidation. Des provisions permettent de faire face aux besoins entre-temps.
2. Dois-je accepter la première offre d'indemnisation de l'assurance ?
Non. Rien ne vous y oblige. Comparez-la au rapport d'expertise poste par poste et faites-la analyser avant toute signature. Si vous avez déjà signé, l'article L. 211-16 du code des assurances vous permet de dénoncer la transaction dans les quinze jours.
3. Que se passe-t-il si l'assureur ne respecte pas le délai de huit mois ?
L'article L. 211-13 du code des assurances prévoit que l'indemnité produit alors intérêt de plein droit au double du taux de l'intérêt légal jusqu'au jour de l'offre ou du jugement définitif. Le juge peut moduler cette pénalité si le retard n'est pas imputable à l'assureur.
4. Puis-je être indemnisé si j'étais en partie responsable ?
Si vous n'êtes pas conducteur, votre faute simple ne vous est pas opposable pour les atteintes à votre personne (article 3 de la loi de 1985). Si vous êtes conducteur, l'article 4 prévoit que votre faute peut limiter ou exclure votre indemnisation, mais la garantie conducteur de votre contrat peut prendre le relais.
5. Le responsable a pris la fuite : ai-je un recours ?
Oui. Le FGAO indemnise les atteintes à la personne lorsque le responsable est inconnu ou non assuré, conformément à l'article L. 421-1 du code des assurances. Le dépôt de plainte et le procès-verbal des forces de l'ordre sont alors essentiels.
6. Faut-il obligatoirement déposer plainte ?
Ce n'est pas une condition générale du droit à indemnisation. Mais lorsque l'accident résulte d'une infraction, la plainte sécurise la preuve, déclenche l'enquête et conditionne certaines démarches, notamment devant la CIVI.
7. Comment se déroule l'expertise médicale ?
Le médecin expert reconstitue votre parcours de soins, vous examine et cote chaque poste de préjudice : déficit fonctionnel temporaire et permanent, souffrances endurées, préjudice esthétique, retentissement professionnel. Vous pouvez vous y faire assister d'un avocat et d'un médecin.
8. Qu'est-ce que la consolidation et pourquoi est-ce si important ?
C'est la date de stabilisation de votre état de santé. Elle sépare les préjudices temporaires des préjudices permanents et conditionne l'évaluation définitive. Elle constitue aussi le point de départ du délai de prescription de dix ans de l'article 2226 du code civil.
9. Mes proches peuvent-ils être indemnisés ?
Oui. La nomenclature Dintilhac reconnaît les préjudices des victimes par ricochet : préjudice moral d'affection, frais engagés, pertes de revenus, et préjudice d'accompagnement…
10. Combien coûte l'intervention d'un avocat et qui la finance ?
Les modalités sont fixées par convention d'honoraires. La garantie protection juridique de votre contrat d'assurance habitation ou automobile peut en couvrir tout ou partie, et l'aide juridictionnelle est mobilisable sous conditions de ressources. Dans tous les cas, vous choisissez librement votre avocat.

Sources et références

•    Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (loi Badinter), articles 3 et 4 — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006839422
•    Code des assurances, article L. 211-9 (délais d'offre) — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006795447
•    Code des assurances, article L. 211-10 (information de la victime) — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006795457
•    Code des assurances, article L. 211-13 (pénalité de retard) — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006795491
•    Code des assurances, article L. 211-16 (dénonciation sous 15 jours) — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000035731353
•    Code des assurances, article L. 421-1 (FGAO) — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048523697
•    Code civil, article 2226 (prescription du dommage corporel) — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000019017259
•    Code de procédure pénale, article 706-5 (délai CIVI) — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048442334
•    ONISR, Bilan 2024 de la sécurité routière (données définitives au 28 mai 2025) — https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/etat-de-linsecurite-routiere/bilans-annuels-de-la-securite-routiere/bilan-2024-de-la-securite-routiere
•    Rapport du groupe de travail présidé par Jean-Pierre Dintilhac, remis au garde des Sceaux le 28 octobre 2005 (nomenclature des postes de préjudice corporel).

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